Archive for June, 2011

 

Notre Actualite

Etat unique européen, Europe des Etats ? La mouture de la constitution européenne aujourd’hui proposée réalise un compromis entre les deux formules, toutes deux issues du même modèle. Qui peut nier que l’Europe des Etats (trame du projet de la constitution européenne) est appelée à basculer d’un bloc, demain, vers l’Etat unique ? A lire les déclarations d’intention de cette constitution, l’on ressent parfaitement le rêve des rédacteurs de substituer aux Etats nationaux un Etat européen unique, laboratoire inavoué, sous l’oeil approbateur des USA, d’un gouvernement mondial dont le seul référent serait la démocratie. Etat européen unique, puis Etat mondial, qui s’inscrivent dans la filiation de la révolution de 1789 et de l’idéologie des droits de l’homme. Etat unique, construit sur le modèle universel de la République française (“Les seules frontières de l’Europe sont celles de la démocratie et des droits de l’homme” – Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur).

Si la France a pu réaliser le prodige d’assimiler et d’intégrer des peuples de langues et d’ethnies différentes, des nations et des provinces disparates, la chose ne serait-elle pas possible à l’échelle européenne ? L’intégration, et non pas l’association, est le vocable de référence du projet de constitution.

Le mythe de l’Etat-nation, idée française à l’origine, connaît ici une nouvelle vigueur. Les souverainistes français, et tant mieux, refusent de franchir cette nouvelle étape vers l’Europe supranationale, eux qui pensent que l’Etat français est l’aboutissement de leur histoire. Notre point de vue est différent, mais nous nous accommodons volontiers de leur compagnonnage dans le combat que nous menons contre l’Europe de Bruxelles. Rappelons seulement que l’Etat français s’est construit sur les décombres des “petites patries”, de la même façon que tend à s’édifier aujourd’hui l’Etat européen.

Nous pensons que l’Europe de Bruxelles mourra de son gigantisme, et avec elle les Etats-nations ; l’époque prévue par Proud’hon est arrivée, celle où les Etats-nations de l’Europe s’écrouleront par la déconfiture du système qui les a établis. C’est seulement contre le modèle parisien que pourra se construire la troisième Europe, l’Europe européenne, l’Europe des régions européennes. Il est encore temps aux militants de la cause bretonne de le comprendre (“Cette constitution européenne, c’est une Europe écrite en français, c’est une Europe à la française” – Dominique Perben, garde des Sceaux – 8 mai 2005). Le 30 mai, il sera trop tard.

L’Europe politique est indispensable. Dans le cadre des débats qui portent sur la constitution européenne, nul n’affirme le contraire. Mieux encore, dans le camp du non comme dans les rangs du oui, chacun se réclame de cette vérité. L’idée européenne est acquise. “Mais que nous propose-t-on pour créer l’Europe, et que valent les remèdes que l’on nous offre ? Devons-nous aspirer à la création d’un Etat européen unique ? Devons-nous nous satisfaire de l’Europe des Etats ?”. Ces questions initialement posées en 1968 par Yann Fouéré, d’une formidable prescience, restent de pleine actualité à la veille du référendum du 29 mai.
Le mouvement officiel breton, qui semble s’exprimer en majorité en faveur du oui, nous dit que si l’Europe n’est pas une panacée, elle est une nécessité. Par la voix de l’éditorialiste d’Armor Magazine, notamment, il nous dit “qu’il s’agit d’organiser, de dynamiser un continent, sa solidarité, sa culture, une certaine conception de la vie”. Il ajoute que le 29 mai, “nous serons donc invités à choisir entre un laxisme rétrograde et la voie d’un développement marqué par l’imagination”.

En y ajoutant la notion fondamentale de puissance, nous reprenons à notre compte cette analyse. Mais pour justifier notre non.  De fait, à nos yeux, si laxisme rétrograde il y a, il consiste à croire qu’il n’existerait d’autre voie européenne que celle qui nous est imposée depuis des lustres par la technocratie européenne ; il consiste à refuser d’imaginer une autre voie de développement. Au nom de notre vision continentale de l’Europe, de la solidarité entre les peuples européens, liés par une civilisation commune, nous refusons d’avaliser une constitution européenne qui ne bornerait pas nos frontières, pour permettre l’adhésion de n’importe quel pays extra-européen. A commencer demain par la Turquie, bien sûr, mais aussi, après-demain, le Maroc ou Israël.

A l’idéologie mondialiste qui se drape sournoisement dans les plis du drapeau étoilé de Bruxelles (“La constitution européenne est fille de 1789” – Jacques Chirac, 4 mai 2005), nous opposons un européisme militant, enraciné et incarné. Il passe par le rejet d’un projet qui livrerait les peuples d’Europe, dont le peuple breton, aux mains des mercantiles qui méprisent identités et libertés fondamentales. Déjà à l’origine du désastre social et humain qui mine notre société, le système parisien, c’est-à-dire la droite libérale et la gauche bourgeoise réunies dans une unanimité symptomatique, nous demande de lui faire encore confiance. Non ! Nann ! Telle doit être la réponse des Bretons.

Le 24 avril, à Anvers et à l’invitation de nos amis flamands, une délégation de L’Idée Bretonne conduite par Xavier Guillemot et Laurent Couilliet (délégué de l’IB en Flandres-Artois-Hainaut) assistait à la 68è fête nationale des chants flamands. Plus de 8.000 personnes étaient rassemblées au Palais des Sports de la ville dans une ambiance empreinte d’une extraordinaire ferveur. Aux côtés de la délégation du mouvement Alsace d’abord et de celle du mouvement culturel Terre et Peuple, près de quatre heures durant, nos représentants ont pu applaudir et participer à une véritable grande fête populaire. L’Etat artificiel de Belgique, dans l’indifférence générale, s’apprête à célébrer le 175è anniversaire de sa création : cette fête traditionnelle des chants flamands est venue lui rappeler que le peuple flamand existe par lui-même, et qu’il entend vivre en tant que tel au sein de l’Europe. C’était pour notre délégation l’occasion de retrouver Hilde Van Lobel, ancien député et élue à Anvers du Vlaams Belang (près de 30 % des voix !). Au final de la fête, notre délégation était reçue à la réception de clôture où elle a pu s’entretenir aussi avec Filip Dewinter, président du Vlaams Belang.  L’Europe des peuples s’incarnait !

A quelques mois d’un référendum dont nul ne connaît la date précise encore, les débats autour de la Constitution européenne ne cessent de prendre de l’ampleur. Sans plus s’en cacher, et sans doute pour mieux mobiliser ses troupes, le camp du “oui” commence de s’inquiéter. La question de la Turquie “polluerait” les débats, le “non” risquerait de l’emporter chez nous, et la France, à elle seule, risquerait de faire capoter le projet de Constitution européenne.

Nous l’avons déjà clairement exprimé, et nous continuerons de le faire, nous tiendrons pour irrecevable une constitution européenne qui ne nous garantira pas contre l’entrée de la Turquie, ou de tout autre pays non européen, dans l’Union.

L’un de nos lecteurs, relativement en phase avec l’établissement breton et français, qui ne partage pas notre analyse sur la question, nous écrit, entre autres arguments sur lesquels nous reviendrons dans un prochain numéro spécial (mai 2005) : “La question métaphysique que pose cette adhésion (de la Turquie) n’aurait pas existé si l’Europe avait su se doter, dès le début de sa création, d’une Constitution et définir ses frontières avant de s’élargir sans grand discernement à 12, 15, 25 27 ou 28 pays”. Il précise encore : “Il eût fallu réfléchir avant au problème que cette entrée allait poser”. Honnêtement, quant à cet aspect de son argumentation, c’est exactement ce que nous pensons. Pour en tirer exactement la conclusion inverse. Le problème de la Turquie se pose, et c’est bien le “non” au référendum qui nous permettra d’apporter une première réponse.

Mais surtout, notre lecteur ajoute : “L’Europe est-elle vraiment en mesure de donner des leçons à la Turquie pour le mauvais traitement, au cours d’une Histoire mouvementée, de ses minorités ethniques sans Etat et sans reconnaissance mondiale ?”.  Et il assène : “Si la France ne veut pas s’asseoir à côté des Turcs, il vaut mieux que l’Europe se débarrasse de la France”. Entendons-nous bien. Nous n’entendons pas donner la moindre leçon à la Turquie ; ce serait là plutôt un travers propre aux partisans de l’intégration qui prétendent imposer un modèle de développement à la Turquie. Nous souhaitons seulement voir la Turquie vivre son destin aux côtés de l’Europe européenne, mais non en son sein. Et quant à savoir s’il s’agirait de choisir entre la Turquie et la France, nous répondons quant à nous sans hésiter : “Prenez la Turquie, nous gardons la France”.

A la tribune du Congrès d’Alsace d’abord (de gauche à droite) : Christian CHATON (conseiller général, conseiller municipal), Jacques CORDONNIER (secrétaire général d’Alsace d’abord), Robert SPIELER (ancien député, président d’Alsace d’abord), Stéphane BOURHIS (porte-parole d’Alsace d’abord, conseiller municipal) et Xavier GUILLEMOT (président de l’Idée Bretonne, qui apporte ici son soutien à Alsace d’abord).

Le 29 janvier 2005, dans le cadre magnifique des collines sous-vosgiennes, à Dieffenthal, a eu lieu le congrès du mouvement Alsace d’Abord. Plus de 200 représentants participants, des adhérents, mais aussi des maires et des élus municipaux, ont pris part à cette rencontre exceptionnelle. Ce congrès a donné lieu à des échanges constructifs sur la Constitution européenne avant que ne soient évoqués le refus de l’entrée de la Turquie en Europe et d’autres sujets d’actualité comme l’état de la décentralisation ou la situation économique alsacienne.

Une intervention bilingue de René Weess, responsable du mouvement pour le Nord Alsace, a présenté la position du mouvement alsacien sur ce sujet essentiel. Le mouvement régionaliste s’est félicité de l’élection de Christian Chaton, un des seuls conseillers généraux régionalistes de France et a tracé des pistes pour l’avenir.  Alsace d’Abord a notamment annoncé le lancement d’une série de stages de formation de ses cadres en vue des élections législatives mais surtout municipales où le mouvement de Robert Spieler entend présenter plusieurs dizaines de listes dont Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Dès à présent, une campagne d’adhésion et de promotion de son site Internet www.alsacedabord.org complète le dispositif prévu. Rappelons qu’aux dernières élections régionales, nos amis alsaciens obtenaient près de 10 % des voix !

Des délégations françaises et européennes ont tenu à apporter par leur présence un soutien fort à Alsace d’Abord. Outre le Mouvement Régionaliste de Bretagne et L’Idée Bretonne qui, par la voix de Xavier Guillemot, saluaient la qualité de ce congrès (“un moment fondateur, ouvrant la voie régionaliste et identitaire”), Hilde van Lobel, ancienne députée flamande et élue anversoise, à la tête d’une délégation parlementaire du Vlaams Belang (premier parti de Flandres et même de Belgique), insistait sur l’importance du combat contre les “maux communs” qui menacent l’Europe et les identités régionales. Stefano Corti, quant à lui, responsable des relations extérieures du Mouvement des Jeunes de Padanie, représentant la Ligue du Nord (puissant mouvement régionaliste d’Italie dirigé par Umberto Bossi et qui a plusieurs ministres dans le gouvernement italien), apportait le soutien des Eurodéputés de son mouvement et revenait sur l’urgence de “sauver l’Europe des identités des dérives euroburocrates”.

Dans son discours de clôture, Robert Spieler, ancien député et Président d’Alsace d’Abord, a critiqué la soumission des élus alsaciens des partis classiques face à Paris, notamment sur le dossier des TGV . Il a revendiqué une véritable régionalisation en matière fiscale, scolaire, économique, environnementale avant de tracer des pistes visant à faire d’Alsace d’Abord une alternative politique pour l’Alsace et les Alsaciens .

Ce congrès a apporté l’éclatante démonstration de la “force tranquille” qu’incarne Alsace d’Abord, modèle de tous les mouvements régionalistes et identitaires de France.

Le dimanche 10 octobre dans les Yvelines, le mouvement identitaire européen Terre et Peuple organisait sa traditionnelle “Table ronde” annuelle. Plus de 500 personnes étaient rassemblées sur le thème choisi cette année : “Notre héritage celtique”. Quatre conférences, notamment, ont émaillé cette journée qui s’inscrit désormais comme le rendez-vous incontournable de la grande famille identitaire. Xavier Guillemot y représentait le mouvement breton pour évoquer l’Histoire de la Bretagne (“En se réappropriant son héritage celtique, la Bretagne vit une nouvelle étape de son Histoire. Elle atteste de la vitalité retrouvée d’un peuple grand vivant appelé à exister, par lui-même, dans une Europe des peuples dont l’édification est le point de ralliement de tous les identitaires européens”) ; ensuite, un représentant de la Galice témoignait du caractère celtique de son peuple (la Galice compte parmi les sept nations soeurs : “sept pays, une seule âme”) ; l’écrivain Jean Mabire, fort de l’expérience de son engagement au service de la Normandie, dressait quant à lui un portrait juste et émouvant de Yann Fouéré, inlassable porte-drapeau et théoricien hors-pair de la cause bretonne ; Pierre Vial, président de Terre et Peuple, concluait les travaux en livrant une vision d’ensemble de la grande civilisation celte dont les Européens sont les héritiers, et insistait spécialement sur la place respectée qu’y tenaient les femmes (avec un parallèle saisissant avec celle qui leur est accordée  dans le monde musulman). Enfin, le dernier numéro (n° 24 – automne 2004) de la revue trimestrielle était présenté à l’assemblée (dossier central : “La femme et le choc des civilisations”). Ce n° (44 pages) peut être commandé auprès de nous : chèque de 7,50 euros port compris à l’ordre du MRB (BP 60155 – 56101 LORIENT CEDEX).

Le Samedi 20 Novembre 2004 avait lieu dans un magnifique cadre, en banlieue de Bruxelles, la Journée de l’Identité 2004. Celle–ci était organisée par Terre et Peuple Wallonie, la revue Devenir et Synergies Européennes.

L’Idée Bretonne avait, à cette occasion, été invitée à la journée débat portant sur l’importance du combat culturel, l’Europe face à l’hégémonie américaine et, sujet important et décisif pour notre avenir, l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Une dizaine d’orateurs parmi lesquels Pierre Vial , président de Terre et Peuple, Xavier Eman, Hervé Van Laethem, Dejan Mihailovic (Nationaliste Serbe), Willy Freson, Jean-Gilles Malliarakis, David Jansegers et Alain Escada prirent la parole sous la direction de Robert Steuckers et de Jean Charles Van Zee et ce, devant une assistance nombreuse et attentive.

Cette journée tant instructive que studieuse s’est déroulée dans une franche ambiance de fraternité et de camaraderie. En marge des débats, plusieurs stands – dont celui de L’Idée Bretonne -  présentant livres, revues et objets traditionnels divers étaient visités au gré des envies des participants.

Une des conclusions évidentes de cette journée fut : “NON , la Turquie n’est pas européenne et n’a pas sa place dans l’Union“.

Comme l’a bien noté Pierre Vial en conclusion de cette journée, plus que jamais, le combat Identitaire prend une place importante dans toutes les régions de la belle et grande Europe dont nous rêvons tous .

Laurent Couilliet.

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