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Reunification

Le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne était la promesse de la gauche, et aussi la raison pour laquelle l’ensemble du mouvement breton soutenait plus ou moins ouvertement, à l’occasion des dernières élections régionales, la liste commune PS/Verts/UDB conduite par Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui président de la région Bretagne.

Dans son édition du 28 février 2005, le quotidien Le Télégramme ne manquait pas de le rappeler : “Jean-Yves Le Drian est bien embarrassé. Après sa campagne électorale flamboyante, après son élection triomphale, après de longs mois “d’état de grâce” à la tête d’un exécutif actif et enthousiaste accumulant les effets d’annonce, le président de la Bretagne est en panne sur un sujet qui lui tient pourtant à coeur : la réunification bretonne”.

Jusqu’au soir du 28 mars 2004, et ce n’était pas une erreur que de le dire, la question de la réunification de la Bretagne était sérieusement entravée par l’activisme jacobin des présidents des deux régions administratives concernées, Josselin de Rohan pour la Bretagne, François Fillon pour les Pays de la Loire. L’un et l’autre, membres de la même majorité gouvernementale, s’entendaient parfaitement sur la nécessité de ne pas remettre en cause l’équilibre de leurs bastions respectifs.

Au lendemain du 28 mars, cependant, tous les espoirs paraissaient permis. Non seulement Rohan et Fillon étaient sévèrement battus, mais la Loire-Atlantique, département-pivot, se donnait en parallèle un nouveau président du Conseil général. Et par n’importe lequel, puisqu’était intronisé Patrick Mareschal, ancien président du CUAB, Comité pour l’unité administrative de la Bretagne. D’aucuns affirmaient que la règle de trois ainsi réalisée, la réunification ne serait plus qu’une question de semaines.

Oui, mais voilà. A contrario de tout ce que l’on a toujours voulu nous affirmer, socialisme et jacobinisme riment parfaitement. L’Histoire ne ment pas. Certes, ici ou là, sous la contrainte de particularismes locaux, et plus sûrement pour répondre à des impératifs électoraux, tel ou tel élu de la gauche bretonne pouvait déclarer son enthousiasme pour “l’affirmation d’une Bretagne forte, ouverte, bien sur son territoire et unie administrativement”. Mais lorsqu’il déclarait tout aussitôt qu’il s’agissait “d’une utopie constructive”, la Raison des Bretons se devait d’être alertée. Leur Coeur a été dupe.

Sur le sujet de la réunification territoriale, il ne s’agit pas pour nous, ici, de regretter Josselin de Rohan ou François Fillon. A leur égard, nous ne nourrissions aucune illusion.

Pour autant, et cela nous a été reproché, nous avions pris la précaution de ne pas nous gargariser de la victoire des socialistes. “Ne tuez pas l’espoir”, nous écrivait un vieux militant de la cause bretonne, “il faut y croire et soutenir la nouvelle majorité nonobstant sa couleur politique”. Nous répondions alors : “La couleur politique de la nouvelle majorité nous importe peu, et ne nous berce pas d’illusions, puisque gauche et droite bretonnes ne sont que les revers du même système politique”.

Les maires socialistes Hervé, à Rennes, ou Ayrault, à Nantes, par ailleurs président du groupe PS à l’Assemblée nationale, nous ont déjà depuis longtemps convaincus que le PS parisien n’était pas l’ami de la Bretagne. L’arrivée sur la scène du nouveau président des Pays de la Loire, Jacques Auxiette, maire PS de la Roche-sur-Yon, venait nous conforter dans notre opinion. En parlant “d’annexion” possible de la Loire-Atlantique par la Bretagne, il a littéralement horrifié les Bretons qui voulaient y croire. Comme perdus, ceux-là se retournaient alors vers le nouveau président du Conseil général de Loire-Atlantique. Avec ce militant attesté de la cause bretonne, on allait voir ce que l’on allait voir. Ils ont vu. Patrick Mareschal a répondu que son engagement personnel ne déterminerait pas son action politique (Le Télégramme – 28/02/2005).

Il en va ainsi aujourd’hui. Les hommes politiques, à droite ou à gauche, de Bretagne ou d’ailleurs, ne font plus coïncider engagement personnel et engagement politique. Le premier n’est plus que poudre jetée aux yeux des électeurs ; le second n’est plus qu’aux ordres du parti parisien employeur. Nous en sommes au stade de la politique d’apparence.

Pour justifier son soutien à la majorité PS de Bretagne, et excuser peut-être les strapontins alloués, le vice-président UDB de la région parle désormais de “méthode réaliste” lorsqu’il évoque cette question reportée de la réunification. “L’essentiel”, dit-il, “‘est de parler de la Bretagne”. Désormais institutionnalisé, l’ex-porte-parole de l’UDB est en bonne voie d’intégration. Comme tous ses anciens compères de l’extrême-gauche, les “révoltés” d’hier récupérés par le système, il fait son lit de la gauche bourgeoise. Encore un effort, camarade, et tu finiras sénateur…

Avec cette alliance de l’UDB avec le parti socialiste, le mouvement politique breton parvient au terme de son processus d’atomisation. La gauche bretonne comble ainsi son retard sur la droite. Paradoxalement, elle ouvre aussi de nouvelles perspectives pour l’avenir. Hors du pouvoir effectif, l’UDB entretenait l’illusion d’incarner une alternative bretonne au système politique parisien. Engluée dans le “réalisme” du pouvoir, comme hier le PC, elle est appelée à disparaître.

Cela pourra être l’occasion de voir émerger enfin une nouvelle force politique bretonne d’envergure, à condition qu’elle soit capable de rassembler en son sein des Bretons issus de différents horizons politiques en affichant des objectifs essentiels. A défaut de se reconnaître dans un tel mouvement, les militants bretons désireux d’agir n’auront d’autre choix que de continuer à se poser en supplétifs des partis politiques parisiens. Au nom du réalisme qui tue l’idéal.

Notre Actualite

Etat unique européen, Europe des Etats ? La mouture de la constitution européenne aujourd’hui proposée réalise un compromis entre les deux formules, toutes deux issues du même modèle. Qui peut nier que l’Europe des Etats (trame du projet de la constitution européenne) est appelée à basculer d’un bloc, demain, vers l’Etat unique ? A lire les déclarations d’intention de cette constitution, l’on ressent parfaitement le rêve des rédacteurs de substituer aux Etats nationaux un Etat européen unique, laboratoire inavoué, sous l’oeil approbateur des USA, d’un gouvernement mondial dont le seul référent serait la démocratie. Etat européen unique, puis Etat mondial, qui s’inscrivent dans la filiation de la révolution de 1789 et de l’idéologie des droits de l’homme. Etat unique, construit sur le modèle universel de la République française (“Les seules frontières de l’Europe sont celles de la démocratie et des droits de l’homme” – Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur).

Si la France a pu réaliser le prodige d’assimiler et d’intégrer des peuples de langues et d’ethnies différentes, des nations et des provinces disparates, la chose ne serait-elle pas possible à l’échelle européenne ? L’intégration, et non pas l’association, est le vocable de référence du projet de constitution.

Le mythe de l’Etat-nation, idée française à l’origine, connaît ici une nouvelle vigueur. Les souverainistes français, et tant mieux, refusent de franchir cette nouvelle étape vers l’Europe supranationale, eux qui pensent que l’Etat français est l’aboutissement de leur histoire. Notre point de vue est différent, mais nous nous accommodons volontiers de leur compagnonnage dans le combat que nous menons contre l’Europe de Bruxelles. Rappelons seulement que l’Etat français s’est construit sur les décombres des “petites patries”, de la même façon que tend à s’édifier aujourd’hui l’Etat européen.

Nous pensons que l’Europe de Bruxelles mourra de son gigantisme, et avec elle les Etats-nations ; l’époque prévue par Proud’hon est arrivée, celle où les Etats-nations de l’Europe s’écrouleront par la déconfiture du système qui les a établis. C’est seulement contre le modèle parisien que pourra se construire la troisième Europe, l’Europe européenne, l’Europe des régions européennes. Il est encore temps aux militants de la cause bretonne de le comprendre (“Cette constitution européenne, c’est une Europe écrite en français, c’est une Europe à la française” – Dominique Perben, garde des Sceaux – 8 mai 2005). Le 30 mai, il sera trop tard.

L’Europe politique est indispensable. Dans le cadre des débats qui portent sur la constitution européenne, nul n’affirme le contraire. Mieux encore, dans le camp du non comme dans les rangs du oui, chacun se réclame de cette vérité. L’idée européenne est acquise. “Mais que nous propose-t-on pour créer l’Europe, et que valent les remèdes que l’on nous offre ? Devons-nous aspirer à la création d’un Etat européen unique ? Devons-nous nous satisfaire de l’Europe des Etats ?”. Ces questions initialement posées en 1968 par Yann Fouéré, d’une formidable prescience, restent de pleine actualité à la veille du référendum du 29 mai.
Le mouvement officiel breton, qui semble s’exprimer en majorité en faveur du oui, nous dit que si l’Europe n’est pas une panacée, elle est une nécessité. Par la voix de l’éditorialiste d’Armor Magazine, notamment, il nous dit “qu’il s’agit d’organiser, de dynamiser un continent, sa solidarité, sa culture, une certaine conception de la vie”. Il ajoute que le 29 mai, “nous serons donc invités à choisir entre un laxisme rétrograde et la voie d’un développement marqué par l’imagination”.

En y ajoutant la notion fondamentale de puissance, nous reprenons à notre compte cette analyse. Mais pour justifier notre non.  De fait, à nos yeux, si laxisme rétrograde il y a, il consiste à croire qu’il n’existerait d’autre voie européenne que celle qui nous est imposée depuis des lustres par la technocratie européenne ; il consiste à refuser d’imaginer une autre voie de développement. Au nom de notre vision continentale de l’Europe, de la solidarité entre les peuples européens, liés par une civilisation commune, nous refusons d’avaliser une constitution européenne qui ne bornerait pas nos frontières, pour permettre l’adhésion de n’importe quel pays extra-européen. A commencer demain par la Turquie, bien sûr, mais aussi, après-demain, le Maroc ou Israël.

A l’idéologie mondialiste qui se drape sournoisement dans les plis du drapeau étoilé de Bruxelles (“La constitution européenne est fille de 1789” – Jacques Chirac, 4 mai 2005), nous opposons un européisme militant, enraciné et incarné. Il passe par le rejet d’un projet qui livrerait les peuples d’Europe, dont le peuple breton, aux mains des mercantiles qui méprisent identités et libertés fondamentales. Déjà à l’origine du désastre social et humain qui mine notre société, le système parisien, c’est-à-dire la droite libérale et la gauche bourgeoise réunies dans une unanimité symptomatique, nous demande de lui faire encore confiance. Non ! Nann ! Telle doit être la réponse des Bretons.

Le 24 avril, à Anvers et à l’invitation de nos amis flamands, une délégation de L’Idée Bretonne conduite par Xavier Guillemot et Laurent Couilliet (délégué de l’IB en Flandres-Artois-Hainaut) assistait à la 68è fête nationale des chants flamands. Plus de 8.000 personnes étaient rassemblées au Palais des Sports de la ville dans une ambiance empreinte d’une extraordinaire ferveur. Aux côtés de la délégation du mouvement Alsace d’abord et de celle du mouvement culturel Terre et Peuple, près de quatre heures durant, nos représentants ont pu applaudir et participer à une véritable grande fête populaire. L’Etat artificiel de Belgique, dans l’indifférence générale, s’apprête à célébrer le 175è anniversaire de sa création : cette fête traditionnelle des chants flamands est venue lui rappeler que le peuple flamand existe par lui-même, et qu’il entend vivre en tant que tel au sein de l’Europe. C’était pour notre délégation l’occasion de retrouver Hilde Van Lobel, ancien député et élue à Anvers du Vlaams Belang (près de 30 % des voix !). Au final de la fête, notre délégation était reçue à la réception de clôture où elle a pu s’entretenir aussi avec Filip Dewinter, président du Vlaams Belang.  L’Europe des peuples s’incarnait !

A quelques mois d’un référendum dont nul ne connaît la date précise encore, les débats autour de la Constitution européenne ne cessent de prendre de l’ampleur. Sans plus s’en cacher, et sans doute pour mieux mobiliser ses troupes, le camp du “oui” commence de s’inquiéter. La question de la Turquie “polluerait” les débats, le “non” risquerait de l’emporter chez nous, et la France, à elle seule, risquerait de faire capoter le projet de Constitution européenne.

Nous l’avons déjà clairement exprimé, et nous continuerons de le faire, nous tiendrons pour irrecevable une constitution européenne qui ne nous garantira pas contre l’entrée de la Turquie, ou de tout autre pays non européen, dans l’Union.

L’un de nos lecteurs, relativement en phase avec l’établissement breton et français, qui ne partage pas notre analyse sur la question, nous écrit, entre autres arguments sur lesquels nous reviendrons dans un prochain numéro spécial (mai 2005) : “La question métaphysique que pose cette adhésion (de la Turquie) n’aurait pas existé si l’Europe avait su se doter, dès le début de sa création, d’une Constitution et définir ses frontières avant de s’élargir sans grand discernement à 12, 15, 25 27 ou 28 pays”. Il précise encore : “Il eût fallu réfléchir avant au problème que cette entrée allait poser”. Honnêtement, quant à cet aspect de son argumentation, c’est exactement ce que nous pensons. Pour en tirer exactement la conclusion inverse. Le problème de la Turquie se pose, et c’est bien le “non” au référendum qui nous permettra d’apporter une première réponse.

Mais surtout, notre lecteur ajoute : “L’Europe est-elle vraiment en mesure de donner des leçons à la Turquie pour le mauvais traitement, au cours d’une Histoire mouvementée, de ses minorités ethniques sans Etat et sans reconnaissance mondiale ?”.  Et il assène : “Si la France ne veut pas s’asseoir à côté des Turcs, il vaut mieux que l’Europe se débarrasse de la France”. Entendons-nous bien. Nous n’entendons pas donner la moindre leçon à la Turquie ; ce serait là plutôt un travers propre aux partisans de l’intégration qui prétendent imposer un modèle de développement à la Turquie. Nous souhaitons seulement voir la Turquie vivre son destin aux côtés de l’Europe européenne, mais non en son sein. Et quant à savoir s’il s’agirait de choisir entre la Turquie et la France, nous répondons quant à nous sans hésiter : “Prenez la Turquie, nous gardons la France”.

A la tribune du Congrès d’Alsace d’abord (de gauche à droite) : Christian CHATON (conseiller général, conseiller municipal), Jacques CORDONNIER (secrétaire général d’Alsace d’abord), Robert SPIELER (ancien député, président d’Alsace d’abord), Stéphane BOURHIS (porte-parole d’Alsace d’abord, conseiller municipal) et Xavier GUILLEMOT (président de l’Idée Bretonne, qui apporte ici son soutien à Alsace d’abord).

Le 29 janvier 2005, dans le cadre magnifique des collines sous-vosgiennes, à Dieffenthal, a eu lieu le congrès du mouvement Alsace d’Abord. Plus de 200 représentants participants, des adhérents, mais aussi des maires et des élus municipaux, ont pris part à cette rencontre exceptionnelle. Ce congrès a donné lieu à des échanges constructifs sur la Constitution européenne avant que ne soient évoqués le refus de l’entrée de la Turquie en Europe et d’autres sujets d’actualité comme l’état de la décentralisation ou la situation économique alsacienne.

Une intervention bilingue de René Weess, responsable du mouvement pour le Nord Alsace, a présenté la position du mouvement alsacien sur ce sujet essentiel. Le mouvement régionaliste s’est félicité de l’élection de Christian Chaton, un des seuls conseillers généraux régionalistes de France et a tracé des pistes pour l’avenir.  Alsace d’Abord a notamment annoncé le lancement d’une série de stages de formation de ses cadres en vue des élections législatives mais surtout municipales où le mouvement de Robert Spieler entend présenter plusieurs dizaines de listes dont Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Dès à présent, une campagne d’adhésion et de promotion de son site Internet www.alsacedabord.org complète le dispositif prévu. Rappelons qu’aux dernières élections régionales, nos amis alsaciens obtenaient près de 10 % des voix !

Des délégations françaises et européennes ont tenu à apporter par leur présence un soutien fort à Alsace d’Abord. Outre le Mouvement Régionaliste de Bretagne et L’Idée Bretonne qui, par la voix de Xavier Guillemot, saluaient la qualité de ce congrès (“un moment fondateur, ouvrant la voie régionaliste et identitaire”), Hilde van Lobel, ancienne députée flamande et élue anversoise, à la tête d’une délégation parlementaire du Vlaams Belang (premier parti de Flandres et même de Belgique), insistait sur l’importance du combat contre les “maux communs” qui menacent l’Europe et les identités régionales. Stefano Corti, quant à lui, responsable des relations extérieures du Mouvement des Jeunes de Padanie, représentant la Ligue du Nord (puissant mouvement régionaliste d’Italie dirigé par Umberto Bossi et qui a plusieurs ministres dans le gouvernement italien), apportait le soutien des Eurodéputés de son mouvement et revenait sur l’urgence de “sauver l’Europe des identités des dérives euroburocrates”.

Dans son discours de clôture, Robert Spieler, ancien député et Président d’Alsace d’Abord, a critiqué la soumission des élus alsaciens des partis classiques face à Paris, notamment sur le dossier des TGV . Il a revendiqué une véritable régionalisation en matière fiscale, scolaire, économique, environnementale avant de tracer des pistes visant à faire d’Alsace d’Abord une alternative politique pour l’Alsace et les Alsaciens .

Ce congrès a apporté l’éclatante démonstration de la “force tranquille” qu’incarne Alsace d’Abord, modèle de tous les mouvements régionalistes et identitaires de France.

Le dimanche 10 octobre dans les Yvelines, le mouvement identitaire européen Terre et Peuple organisait sa traditionnelle “Table ronde” annuelle. Plus de 500 personnes étaient rassemblées sur le thème choisi cette année : “Notre héritage celtique”. Quatre conférences, notamment, ont émaillé cette journée qui s’inscrit désormais comme le rendez-vous incontournable de la grande famille identitaire. Xavier Guillemot y représentait le mouvement breton pour évoquer l’Histoire de la Bretagne (“En se réappropriant son héritage celtique, la Bretagne vit une nouvelle étape de son Histoire. Elle atteste de la vitalité retrouvée d’un peuple grand vivant appelé à exister, par lui-même, dans une Europe des peuples dont l’édification est le point de ralliement de tous les identitaires européens”) ; ensuite, un représentant de la Galice témoignait du caractère celtique de son peuple (la Galice compte parmi les sept nations soeurs : “sept pays, une seule âme”) ; l’écrivain Jean Mabire, fort de l’expérience de son engagement au service de la Normandie, dressait quant à lui un portrait juste et émouvant de Yann Fouéré, inlassable porte-drapeau et théoricien hors-pair de la cause bretonne ; Pierre Vial, président de Terre et Peuple, concluait les travaux en livrant une vision d’ensemble de la grande civilisation celte dont les Européens sont les héritiers, et insistait spécialement sur la place respectée qu’y tenaient les femmes (avec un parallèle saisissant avec celle qui leur est accordée  dans le monde musulman). Enfin, le dernier numéro (n° 24 – automne 2004) de la revue trimestrielle était présenté à l’assemblée (dossier central : “La femme et le choc des civilisations”). Ce n° (44 pages) peut être commandé auprès de nous : chèque de 7,50 euros port compris à l’ordre du MRB (BP 60155 – 56101 LORIENT CEDEX).

Le Samedi 20 Novembre 2004 avait lieu dans un magnifique cadre, en banlieue de Bruxelles, la Journée de l’Identité 2004. Celle–ci était organisée par Terre et Peuple Wallonie, la revue Devenir et Synergies Européennes.

L’Idée Bretonne avait, à cette occasion, été invitée à la journée débat portant sur l’importance du combat culturel, l’Europe face à l’hégémonie américaine et, sujet important et décisif pour notre avenir, l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Une dizaine d’orateurs parmi lesquels Pierre Vial , président de Terre et Peuple, Xavier Eman, Hervé Van Laethem, Dejan Mihailovic (Nationaliste Serbe), Willy Freson, Jean-Gilles Malliarakis, David Jansegers et Alain Escada prirent la parole sous la direction de Robert Steuckers et de Jean Charles Van Zee et ce, devant une assistance nombreuse et attentive.

Cette journée tant instructive que studieuse s’est déroulée dans une franche ambiance de fraternité et de camaraderie. En marge des débats, plusieurs stands – dont celui de L’Idée Bretonne -  présentant livres, revues et objets traditionnels divers étaient visités au gré des envies des participants.

Une des conclusions évidentes de cette journée fut : “NON , la Turquie n’est pas européenne et n’a pas sa place dans l’Union“.

Comme l’a bien noté Pierre Vial en conclusion de cette journée, plus que jamais, le combat Identitaire prend une place importante dans toutes les régions de la belle et grande Europe dont nous rêvons tous .

Laurent Couilliet.

Qui sommes-nous?

L’Idée Bretonne s’inscrit dans la philosophie de l’Europe aux cent drapeaux.

Notre mouvement affirme un impératif identitaire qui est le grand défi du siècle présent : face au processus d’uniformisation culturelle des peuples selon le modèle américain, face à la forte poussée migratoire du Sud, et en réponse à la mondialisation en général, les peuples d’Europe doivent trouver l’énergie de rester eux-mêmes.

L’Idée Bretonne est un outil de rassemblement ; sous sa forme de lettre trimestrielle comme sous celle de notre site internet. Nous n’avons pas l’intention de nous contenter de nous adresser à des convaincus, travers qui est le premier symptôme d’une maladie mortelle qui frappe le mouvement breton. Notre marque de fabrique est de déborder les champs de labours habituels. Nous savons qu’une terre trop travaillée ne produit plus.

Nos lecteurs, nos abonnés, ne sont pas tous de “purs” militants bretons. Ils proviennent d’horizons politiques et culturels divers – et certains ne connaissaient pour ainsi dire rien de la genèse, sinon de l’existence, de l’Emsav. D’autres, même, ignoraient que la Bretagne pouvait seulement revendiquer une Histoire qui lui soit propre. C’est notre fierté que d’amener à la cause identitaire bretonne des compatriotes jusque là non éveillés, d’y ramener ceux d’entre eux échaudés par des expériences décevantes, d’y intéresser des non-Bretons amis de notre engagement identitaire.

Accueil

C’est sous forme de trimestriel que paraît désormais notre lettre de liaison L’Idée Bretonne (servie sur abonnement, cf. page Lettre).
L’Idée Bretonne a pour raison d’être le lien, en Bretagne, entre tous ceux qui aspirent à affirmer leur identité européenne. Notre force réside dans notre différence. II s’agit, en effet, pour nous, de faire un travail de fond, sans souci de phénomènes conjoncturels et éphémères. Ce qui nous guide, c’est la volonté de faire prendre conscience de leur identité aux femmes et aux hommes de notre peuple, puis de les amener à se grouper et à s’organiser pour agir ensemble.

En cultivant un esprit communautaire, convivial et solidaire entre ceux qui partagent la même conception des choses, nous nous prémunissons ainsi contre l’individualisme qui gangrène les sociétés occidentales.

C’est en sachant d’où l’on vient que l’on sait où l’on va. Nous avons donc le souci de cultiver la longue mémoire. Au moment où notre terre est touchée par une colonisation de peuplement sans précédent avec l’appui des partisans du mondialisme ou de l’altermondialisme, il est impératif de revendiquer le droit d’être soi-même. Ce droit à la différence est la clé de notre devenir.

Alors, notamment par votre abonnement à notre lettre trimestrielle, rejoignez-nous pour étoffer notre communauté de combattants identitaires, pour nous donner ainsi les moyens d’intervenir efficacement au service de nos peuples d’Europe dont la Bretagne est un acteur déterminant.

Marc LEROY

En page Librairie, retrouvez et commandez les meilleurs livres sur la Bretagne enracinée (auteurs : Caerlon, Fouéré, Rio, Le Honzec…) ou sur l’univers de notre identité européenne (Jean Mabire, notamment). NOUVEAU : trouvez sur cette page également les cartes postales de René Le Honzec.

Russie

Le Pr Viatcheslav Dachitchev, historien et expert ès questions allemandes, a été l’un des principaux conseillers de Gorbatchev et l’avocat au Kremlin de la réunification allemande. Récemment, des “intellectuels occidentaux”, généreusement relayés par la “grande presse” nationale, ont accusé Vladimir Poutine de menacer la démocratie russe. Le 8 octobre 2004, dans les colonnes de l’hebdomadaire National-Zeitung qui paraît à Munich, le Pr Dachitchev a pris la plume pour réfuter les arguments fallacieux avancés contre Poutine. A juste titre, il indique que les Etats-Unis ont besoin d’une Russie faible, qui, comme beaucoup d’autres pays européens, puisse être maintenue à la remorque de Washington. Le 29 septembre dernier, donc, 115 intellectuels et politiciens américains et européens ont publié une “Lettre ouverte” aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne et de l’OTAN (pourquoi pas aux Nations Unies ?), qui constitue une attaque agressive contre le gouvernement du Président Poutine. Comment faut-il interpréter cette lettre ? Quels sont les objectifs poursuivis ? Le pr Dachitchev répond ici à ces interrogations.

Cette mobilisation générale témoigne d’abord que la politique américaine vise encore et toujours à affaiblir la Russie. La façon dont la “Lettre” décrit la politique de Vladimir Poutine, surtout après les événements de Beslan en Ossétie, n’est rien d’autre qu’une démolition en règle. Pour Washington, il importe d’organiser une campagne propagandiste visant à refaire de la Russie un ennemi pour l’opinion mondiale et américaine, afin de pouvoir exercer une pression constante sur les plans politique, économique et militaire, et de pouvoir la justifier. Ou bien est-ce carrément le début d’une nouvelle “Guerre Froide” contre le nouveau “Super-Etat voyou” ? Personne, et encore moins Poutine, ne conteste le fait qu’une véritable démocratie serait un bien pour la Russie. Cependant, les signataires de cette “Lettre Ouverte” devraient surtout penser à l’essentiel ; et cet essentiel n’est-il pas, aujourd’hui, pour la communauté internationale, d’éviter une nouvelle guerre mondiale qui pourrait se déclencher à la suite de la politique américaine qui vise à établir une hégémonie globale ? Mais il serait naïf de croire que les signataires veulent vraiment éviter cette conflagration générale. Car, parmi ceux qui ont initié et signé cette “Lettre”, on trouve les tireurs de ficelles néo-conservateurs comme William Kristol et Robert Kagan, tous deux fondateurs du “Projet pour un nouveau siècle américain”, expression de leur lobby idéologique.

En Russie aussi, mais sans prise sur le peuple, une campagne hystérique contre Poutine est aussi menée tambour battant, justement par les mêmes cercles et cénacles qui, sous Eltsine, avaient ruiné et pillé le pays. Ils craignent aujourd’hui de perdre tout pouvoir et toute influence. Leur objectif consiste à renverser Poutine. Ils font dans la pure démagogie et rendent indirectement le Président responsable du massacre effroyable de Beslan. Ils posent ses réformes du système politique russe comme une volonté de réduire les droits de l’Homme à rien. Pourtant, malgré leurs cris, ils oublient de se soucier du problème majeur de la Russie d’aujourd’hui : 41 % de la population russe végètent sous le seuil de la pauvreté ou l’avoisinent dangereusement. Pour Alexandre Lifschitz – l’ancien ministre des finances d’Eltsine – ces millions de pauvres gens sont des “alluvions sociaux”. Pour Andreï Piontkovski – un russophobe bien connu – le Président Poutine est le “problème majeur” de la Russie. Le politologue Satarov, qui appartient lui aussi à l’entourage d’Eltsine et dont le nom sert à désigner le péché actuel de l’intelligentsia russe (on parle en Russie de “savatorisme”), prétend avoir trouvé les moyens de “freiner Poutine”. Ainsi, la tragédie de Beslan a contribué à faire reconnaître ceux qui sont faveur et ceux qui sont en défaveur des intérêts nationaux de la Russie. C’est quelque part exact : l’action terroriste abominable qui a été perpétrée à Beslan en Ossétie a épouvanté le monde entier et a permis à la caste dirigeante russe, rassemblée autour de Poutine, de procéder à une appréciation nouvelle des dangers et des défis qui menacent la Russie. Il est exact de dire aussi que l’affaire de Beslan provoquera une transformation essentielle dans la politique russe, sur les plans de politique intérieure, de la politique extérieure et de la politique militaire.

Après la fin officielle et formelle de la “Guerre Froide”, la Russie avait réduit ses budgets militaires de manière spectaculaire : le chiffre était passé de 200 milliards à 12 milliards de dollars. Les budgets américains, en revanche, avaient gonflé pour atteindre des dimensions gigantesques et dépasser les chif-fres du  temps de la “Guerre Froide”. Vu la pression américaine, la Russie a dû tripler son budget militaire au cours des cinq dernières années. Les plans soumis en août dernier pour les dépenses militaires de 2005 prévoient une augmentation de 28 %. Après l’action terroriste de Beslan, ces budgets seront encore augmentés. Selon des déclarations officielles, une bonne part de ce budget devra assurer la parité avec les Etats-Unis en matière de fusées nucléaires. Pourquoi ? Parce que le facteur qui pèse le plus sur la Russie depuis la fin de la “Guerre Froide”, sur les plans géopolitique, géostratégique et géo-économique, est indubitablement la politique américaine. Après le démontage du système totalitaire soviétique, après que Gorbatchev ait renoncé définitivement au messianisme communiste et à sa politique hégémonique, après l’effondrement de l’Union Soviétique, on a pu croire que les tensions entre les Etats-Unis et la Russie disparaîtraient et qu’une situation nouvelle naîtrait, apportant dans son sillage les conditions d’une paix durable et d’une vision constructive de la politique internationale. En réalité, rien de tout cela n’est advenu, bien au contraire !

La doctrine Bush a pour assises les programmes géopolitiques visant à bétonner l’hégémonie définitive des Etats-Unis sur le globe. Ces programmes dérivent du fameux “Project for a New American Century” (PNAC), élaboré au printemps 1997, et d’autres projets émanant des centres de réflexion néo-conservateurs. Quelques mois après l’élaboration de ce PNAC, est paru un article dans la revue “Foreign Affairs”, qui s’intitulait “Pour une géostratégie eurasiatique”. Il était dû à la plume de Zbigniew Brzezinski et révélait ouvertement et sans vergogne les plans américains. C’est à dire succintement les suivants : Les Etats-Unis doivent devenir la seule et unique puissance dirigeante en Eurasie (qui possède l’Eurasie possède l’Afrique) – La tâche principale de cette politique globale consiste à élargir leur principal “tremplin” géostratégique en Europe, en poussant les pions que sont l’OTAN et l’UE aussi loin que possible vers l’Est (Turquie comprise) – Il faut empêcher l’Europe de devenir une puissance mondiale à part entière – L’Allemagne ne doit pas redevenir une puissance mondiale, son rôle doit être limité à des dimensions strictement régionales – La Chine doit elle aussi demeurer une simple puissance régionale – La Russie doit être éliminée en tant que grande puissance eurasienne, à sa place il faut créer une confédération d’Etats mineurs.

On le constate, les objectifs géopolitiques des Etats-Unis mènent tout droit à un télescopage pur et simple entre les intérêts russes et ceux de Washington.”